• Fanny Roque

Shiatsu et Reconstruction du Sein

Mis à jour : avr. 27

30 % C’est le nombre de femmes qui décident d’avoir accès à une reconstruction mammaire après un cancer du sein. Cela semble peu, quel est ce parcours dans lequel peuvent s’engager les femmes qui ont eu un cancer du sein ?


Un nouveau sein si je veux, quand je veux !



Ce qui semble important, et qui est rassurant, c’est la notion de choix pour la patiente. Choix dans le type de reconstruction mais aussi choix dans le moment de l’intervention.

On distinguera la reconstruction mammaire immédiate (RM 1) de la reconstruction mammaire post mastectomie (RM2). La RM1 concerne certaines mastectomies préventives (Angelina Jolie) et les cancers du sein qui ne nécessitent pas de traitement post opératoire. Elle a lieu dans le même temps chirurgical que la mastectomie.

Concrètement ça veut dire qu’on se réveille avec des seins dont ont a enlevé la tumeur et qui ont été reconstruits. Mais ça ne veut pas dire qu’ils seront identiques à ce qu’ils étaient, ni que le résultat sera aussi bon qu’après une chirurgie esthétique car la priorité est bien d’enlever la tumeur. C’est un peu comme si on demandait à une sculptrice de se restreindre en argile.

La RM2, plus fréquente, ne peut commencer qu’un an environ après la fin des traitements (comme la radiothérapie ou la chimiothérapie).

Il n’y a pas de délai maximum pour cette intervention, on pourra toujours avoir recours à une reconstruction mammaire si on le souhaite. Même 20 ans après. C’est vraiment la patiente qui décide quand et si elle le souhaite.

Et quand on est décidée, comment ça se passe ? Il y a plusieurs étapes chirurgicales, d’abord la reconstruction du sein, puis la symétrie avec l’autre sein, la construction du mamelon et enfin le tatouage de l’aréole. Toutes ces étapes prennent environ un an mais on peut aussi les différer. Toutes les femmes ne vont pas jusqu’à la phase de tatouage par exemple.


Prothèse or not prothèse ?


Il n’y a pas de « meilleure » technique, chacune comporte des avantages (et des inconvénients !) aussi c’est selon le mode de vie et surtout l’envie de la patiente qu’on choisira.

La prothèse est la plus connue, mais pas forcément la plus répandue.

Un des obstacles à la reconstruction du sein est le manque de peau (alerte jeu de mot😊 ). Car lors de la mastectomie, la chirurgienne doit enlever la glande mais aussi l’aréole et le mamelon (la plaque aréolo-mamelonnaire) et donc une partie de la peau du sein.

On utilise alors un expandeur qui est glissé sous la peau et dont on augmente régulièrement le volume jusqu’à ce qu’on puisse mettre une prothèse. Une prothèse se garde environ 12 ans.

Le corps se modifie au cours des années mais pas la prothèse aussi on peut avoir envie de modifier la taille de la prothèse.

Dans les inconvénients de la prothèse on notera le risque d’infection locale, son rejet (la prothèse cherche à sortir et apparaît au niveau de la cicatrice) et la formation d’une « capsule » qui se forme autour de la prothèse formant une « coque » rigide inesthétique et parfois douloureuse.

La bonne nouvelle est qu’il est possible de passer de la prothèse à la technique du lambeau dorsal plusieurs années après.


Monsieur Madame Muscle


Imaginons une grande sculpture en plâtre comme celles de Niki de Saint Phalle. Pour la réaliser il faut une structure solide, un peu comme un grillage, qui sera ensuite remplie de plâtre.

Pour la reconstruction mammaire, la structure est réalisée par un morceau de peau et de muscle (le grand dorsal le plus souvent) et le remplissage par une prothèse ou de la graisse prélevée par lipomodelage ( e-cancer.fr).

L’avantage de cette technique c’est le résultat qui est plus naturel et un sein qui va évoluer avec le reste du corps, l’inconvénient est surtout lié à la prise du muscle dans le grand dorsal, les mouvements de types escalade sont plus difficiles, il y a une nouvelle cicatrice et un risque d’accumulation de liquide dans le « trou » laissé par la prise du muscle (sérome). Et le processus est plus lent : il faut souvent plusieurs lipomodelages pour obtenir suffisamment de matière.

La prise en charge en kinésithérapie avant et après les interventions est très importante. Avant le lipomodelage pour récupérer davantage de graisse (compter 15 jours d’arrêt environ après un lipomodelage) et après pour une prise en charge post opératoire.


The final touch


Il reste à recréer un mamelon, cela peut se faire par greffe d’une partie de l’autre mamelon ou par pincement afin de créer un relief. Ce n’est pas toujours possible, cela dépend du type de peau.

Pour recréer l’aréole on utilise la technique du tatouage. Certains médecins sont formés à cette technique particulière qui permet, par un jeu de pigment et de trompe l’œil, de créer une aréole et un mamelon avec une impression de relief. Cela permet aussi d’atténuer les effets de dissymétrie entre les deux seins.

Il faut prévoir une à deux séances à un mois d’intervalle et éventuellement une reprise tous les 2 ans environ, l’intensité des pigments diminuant avec le temps.

C’est vraiment la dernière intervention, elle se fait après la cicatrisation complète (18 mois environ après la dernière intervention). Parce qu’une image vaut mieux qu’un long discours : photos aréoles


Et le Shiatsu alors, ça peut aider ?


Oui, avant la chirurgie pour mieux supporter l’intervention sur un plan physique mais aussi sur un plan émotionnel lié à la procédure.

On travaille aussi en Shiatsu après les soins médicaux, afin d’aider l’organisme à récupérer plus rapidement mais aussi pour toutes les douleurs liées aux cicatrices. Le Shiatsu ne se substitue pas à la prise en charge en kinésithérapie mais il constitue un complément intéressant car il permet notamment de travailler sur le trajet des méridiens « coupés » lors de l’intervention chirurgicale. Les douleurs ou inconforts persistants aux prises en charges en kinésithérapie peuvent être diminués par le Shiatsu.

Le Shiatsu intervient aussi dans la prévention des symptômes de coque liés à la pose de la prothèse et dans l’apaisement des douleurs pour les coques de stade 1 et 2. Enfin, parce que c’est une discipline qui prend la personne dans son ensemble, le Shiatsu permet souvent d’apaiser les tensions liées à l’intervention et aide à accueillir et intégrer ce nouveau sein.


Chacune sa route, chacune son chemin


Si on ne peut pas savoir comment on va réagir, de quoi on aura besoin après la mastectomie, on peut se renseigner en amont. Aussi, on recommande de prendre rendez-vous avec son chirurgien afin de parler des différentes possibilités avant la première intervention. Il ne sera jamais trop tôt pour prendre des renseignements même si, on l’a vu, la reconstruction mammaire peut se faire des années après la mastectomie ou ne pas se faire du tout.

La bonne solution, c’est la vôtre !


Article rédigé suite à la conférence sur la Reconstruction mammaire après le cancer du sein, organisée par LISA du 25 février 2020 par les Dr Ph Tribondeauet J. Monroy à la clinique St Martin de Pessac


Trouver une praticienne Shiatsu :

www.ffst.fr

Aller plus loin :

Le site de Jocelyne Monroy

Institut National du Cancer page sur la reconstruction mammaire

Article sur le coût de l’intervention Rose up Magazine

Vidéo sur le choix de la reconstruction mammaire par l’Institut Curie

Contact

Fanny Roque
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12 rue des Epinettes
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